A l'aide du document ci-joint et de la fiche méthodologique (au format word et en pièce jointe au format pdf), analysez ce dessin mural de Sol LeWitt.

http://publicartmuseum.net/wiki/Wall_Drawing_n%C2%B0_711_(Sol_LeWitt)

 

En 1989, l'artiste minimaliste américain Sol LeWitt reçut de la ville d'Amiens la commande d'un "wall drawing" pour le musée de Picardie. Le dessin mural recouvre les murs et le plafond de la rotonde rénovée. Résultat du projet conçu par l'artiste, puis réalisé par des assistants qui en modifient l'idée initiale. En amont du "wall drawing" d'Amiens, le concept de l'artiste illustré par un ensemble d'indications préparatoires, textuelles et graphiques ; en aval, le dessin mural, in situ, interprété par une équipe d'assistants. L'œuvre ainsi modifiée se développe à partir de formes et de volumes géométriques ordonnés dans l'espace selon des combinaisons multiples. Une forme simple peut donner naissance à des structures complexes proches des compositions musicales sérielles. La polychromie (des couleurs primaires modulées par le gris et des couleurs complémentaires) est obtenue par la superposition de lavis d'encre apposés au chiffon. Elle souligne l'organisation architectonique des murs : triangles, cercles, carrés et une figure en étoile décentrée au plafond.

 

Sol LeWitt écrit dans le magazine Artforum en 1967

"Les idées n'ont pas besoin d'être complexes. La plupart des idées qui ont du succès sont ridiculement simples. Ces idées ont généralement l'apparence de la simplicité parce qu'elles semblent inévitables".

"Quand un artiste adopte une forme conceptuelle d’art, cela signifie que tout est prévu et décidé au préalable et que l’exécution est affaire de routine. L’idée devient une machine qui fait l’art". 

"Différents types de murs donnent différents types de dessins. Les imperfections de la surface  murale sont parfois apparentes, une fois le dessin terminé. Elles peuvent être considérées comme faisant partie du dessin. Si le dessin présente l’œuvre, il n’en demeure pas moins secondaire, c’est le concept qui prime… Même un aveugle peut apprécier l’œuvre, il suffit de la lui décrire… Une fois que l’idée de l’œuvre est définie dans l’esprit de l’artiste et la forme finale décidée, les choses doivent suivre leur cours. Il peut y avoir des conséquences que l’artiste ne peut imaginer, ce sont des idées qui sont à considérer comme des travaux d’art qui peuvent en entraîner d’autres".

 

En 1968, LeWitt crée son premier dessin mural (Wall drawing), à la Paula Cooper Gallery. 

 

Arts Magazine, n° 6, New York, avril 1970 : "Je voulais faire une œuvre d’art qui soit la plus bidimensionnelle possible. […] Il semble plus naturel de travailler directement sur le mur que de faire une construction sur laquelle on peint, pour ensuite l’accrocher sur le mur. […] Les propriétés physiques du mur : hauteur, longueur, couleur, matériaux et les intrusions et conditions architecturales sont une part nécessaire aux Wall Drawings".

Art Now, n° 2, Clinton, juin 1970.

" L’artiste conçoit et dessine le plan du Wall Drawing. Puis il est réalisé par des traceurs (l’artiste peut être son propre traceur) ; le plan (écrit, parlé ou dessiné) est interprété par le traceur. Il y a des décisions que les traceurs prennent à l’intérieur du plan, comme si elles étaient des parties du plan. Chaque être étant unique, la même instruction sera comprise différemment et sera interprétée différemment."


Cette délégation de l’œuvre à ceux qui réalisent le Wall Drawing ne marque pas l’impersonnalité de l’œuvre. Elle lui donne au contraire son autonomie artistique puisque sa forme ne peut plus dépendre de la seule subjectivité de l’artiste. C’est à dire que pour être déplacé un Wall Drawing devra être refait et bien qu'il changera d'aspect, il restera toujours le même. Seul son concept est fixe.

Peu après 1978, Sol LeWitt décide de quitter les Etats-Unis pour s'établir à Spolète.

Oeuvre antérieure en lien : Fresques de la cathédrale de Spoleto (1467-69).

Elles retracent les épisodes de la Vie de la Vierge. Filippo Lippi mourut avant l’achèvement des fresques et c'est son fils Filippini qui les termina fin 1469, il n'avait que 12 ans à cette époque.