Biographie de Picasso

 

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Picasso, céramiste

Après guerre, en 1946, lors d'une visite à la foire de la poterie à Vallauris, Picasso s'attarde sur le stand de Georges et Suzanne Ramié, céramistes qui s'inscrivent dans le renouveau de cet art. Un an plus tard, Picasso installé à Golfe-Juan, revient visiter ce couple. Cette rencontre déterminante le propulse dans l'aventure du monde céramique. Ainsi, durant les années 1950, il embrasse l’art de la céramique avec vitalité et génie tout en utilisant d'autres supports.

De 1946 à 1971, auprès de Suzanne Ramié – dont il appréciait la créativité et la vision moderne qu’elle avait dans sa réinterprétation des formes populaires – aidé dans le travail par l’excellent tourneur Jules Agard, qui lui fournissait des pots à déformer auxquels il aimait «tordre le cou» pour obtenir des formes zoomorphes ou anthropomorphes, Picasso va réaliser un corpus impressionnant de près de 4000 œuvres en terre. L’atelier Madoura est alors institué par l’artiste éditeur exclusif de son œuvre céramique, un contrat officialise les choses à partir de 1967.

Il décide de se consacrer à cette activité car elle lui offre de nouvelles perspectives de création grâce à la plasticité de la terre et à la magie de la cuisson au four, qui révèle les coloris éclatants de l’émail et la brillance des vernis.

La céramique a toujours accompagné l'œuvre de Picasso, originaire de Malaga, important centre potier hispano-mauresque. Ses recherches sont cependant restées confidentielles jusqu'à son installation à Vallauris.

La céramique n'est pas un art mineur pour Picasso mais une nouvelle manière de créer.

Dans l'atelier Madoura, il utilise les œuvres créées par Suzanne Ramié et réalisées par l'atelier. Les formes de l'atelier Madoura sont éventuellement retouchées, encore fraîches, par Picasso qui les parachève par un décor peint, ajoutant à l'adresse du potier la touche expressive du sculpteur et du peintre. il décore aussi des formes réalisées à partir de dessins préparatoires.

De 1946 à 1971, Picasso réalise quatre mille œuvres originales. Selon son souhait, certaines céramiques seront éditées (633 modèles furent ainsi édités avec des tirages allant de 25 à 500 exemplaires). Il choisit les modèles pour l'édition avec Suzanne et Georges Ramié, décide avec eux de la quantité de chaque tirage et supervise la réalisation technique. Madoura aura l’exclusivité de la fabrication et de la diffusion des éditions.

L’édition a été réalisée selon deux principes :

- certaines œuvres ont été reproduites exactement (volume et décor peint) par les artisans de l’atelier, en quelques exemplaires réalisés à la main

- d’autres pièces sont éditées en un tirage plus important, selon le principe du transfert d’un sujet original gravé par l’artiste sur une matrice en plâtre servant à estamper la terre, pour une reproduction très fidèle qui était vendue à l’époque à un prix abordable.

Ces éditions, qui furent très contrôlées, ont atteint aujourd’hui une valeur grandissante, gage de l’intérêt invariable que la céramique de Picasso suscite auprès des collectionneurs contemporains.

Il a voulu que ces céramiques éditées aient un usage quotidien ainsi qu’il se confie à André Malraux : « J’ai fait des assiettes, on peut manger dedans. »


Techniques de la céramique

https://www.youtube.com/watch?v=juwlaXucO08


Analyse du pichet Le Cavalier

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Les visuels

L’exposition à la Cité présente plus de 150 œuvres en céramique de Picasso, certaines inédites, où transparait l'influence de la civilisation méditerranéenne, avec l'Antiquité omniprésente et revisitée, où faunes, corridas se mêlent aux bacchanales, aux formes primordiales... Des pièces anciennes, chypriotes, grecques, espagnoles des collections nationales de la Cité, permettent de restituer les sources multiples d’inspiration des créations syncrétiques (s'inspirant d'influences multiples) et uniques de Picasso.
 

Le cavalier, Picasso, 1950. Succession Picasso 2012. (c) Maurice Aeschimann
vue de face vue de profil

Le cavalier, Pablo Picasso, 1950. Pichet à vin en terre cuite blanche tournée, éléments tournés et assemblés. Décor peint à l'engobe noir, vert, marron et gravé sur fond blanc émaillé, sur-couverte.
Pièce unique. Collection particulière.
Succession Picasso 2013 ; crédit photo : Maurice Aeschimann.