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Une installation in situ (dans le site, en latin) tisse un rapport étroit avec le lieu qui l'accueille, son histoire, ce qu’il représente, la façon de percevoir du spectateur, l’espace formel... Déplacée dans un autre lieu, l'oeuvre perdrait son sens, sa raison d'exister.

Oeuvre en référence

Daniel Buren, Les Deux Plateaux, 1986, communément appelée « colonnes de Buren » réalisée avec l’aide de Patrick Bouchain dans la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris, en France.

https://www.danielburen.com/images/artwork/1208?ref=map

http://www.cndp.fr/collections/point-de-rencontre/monumenta2012/les-deux-plateaux/ 

 

260 colonnes de marbre noir et de granito blanc alignées sur le sol noir légèrement bombé de la cour d’honneur du Palais-Royal. Des spots encastrés projetant des lumières rouges d’un côté, vertes de l’autre.

Les oeuvres in situ de Daniel Buren soulignent, contrarient ou mettent en valeur les caractéristiques des lieux qui l’accueillent. Elles interrogent la perception, la couleur, l’architecture ou les relations spatiales qu’entretiennent l’œuvre, le lieu et le spectateur. Elles visent généralement une perception directe sollicitant la sensibilité et la réflexion du spectateur. Les colonnes révèlent les limites à la fois spatiales, institutionnelles et esthétiques d’une œuvre.

En référence à la statuaire antique, l’œuvre est faite en marbre de Carrare et en marbre noir des Pyrénées, qui sont considérés comme les matériaux les plus nobles de la sculpture (utilisés par exemple par Michel-Ange dans la chapelle Sixtine, ou par Rodin). Les colonnes sont toutes alignées : là encore, une référence à l’architecture antique du lieu. Les colonnes sont dans des tranchées rappelant l’histoire du lieu, qui fut auparavant, en 1899, transformé en une usine électrique semi-enterrée et dans le but de révéler le sous-sol. La façon dont sont disposées les colonnes joue des rythmes entre les lignes, les colonnes des bâtiments et celles des colonnes.


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