Dates importantes dans la vie d'Auguste Rodin :

12 novembre 1840 : naissance d’Auguste Rodin.

1854 : entrée à l’école spéciale de dessin et de mathématiques.

1858 : sa candidature à l’école des Beaux-Arts est rejetée.

1874 : participe au décor du palais des Académies à Bruxelles.

1883 : rencontre Camille Claudel.

1884 : esquisse de ses « Bourgeois de Calais » en terre, moulée en plâtre puis en bronze, envoyée au Comité de souscription.

1885 : présentation à Calais d’une maquette en bronze de ses « Bourgeois » au Comité qui lui demande d’apporter des changements significatifs pour atténuer l’expression de découragement des personnages et modifier la composition jugée trop monotone.

1886 : s’engage à n’accepter aucune autre élève que Camille Claudel, à la protéger dans les cercles artistiques et à l’épouser.

1888 : commande par l’État de l’agrandissement en marbre du « Baiser » pour l’Exposition universelle de 1889.

1894 : la commission de la Société des Gens de Lettres qui lui a commandé une statue de Balzac juge son projet « artistiquement insuffisant » et considère l’œuvre comme « une masse informe, une chose sans nom, un colossal fœtus ».

3 juin 1895 : inauguration à Calais du monument des « Bourgeois de Calais » érigé entre l’hôtel des Postes et le jardin Richelieu.

1905 : le poète Rainer Maria Rilke devient le secrétaire de Rodin.

1906 : une copie en bronze de sa sculpture « Le Penseur » est installée devant le Panthéon.

1909 : le monument « Victor Hugo assis » est inauguré dans les jardins du Palais-Royal.

1912 : « L’Homme qui marche » est installé au palais Farnèse, à Rome.

1914 : Camille Claudel est enfermée à l’asile de Montdevergues (Vaucluse).

1916 : Rodin lègue l’ensemble de son œuvre à l’État français en vue de la création du Musée Rodin.

29 janvier 1917 : épouse Rose Beuret, à Meudon.

17 novembre 1917 : Rodin meurt à Meudon. Il est enterré dans le jardin de la villa des Brillants.

 

À la fin du XIXe siècle,  la sculpture connaît avec Rodin une liberté de formes jamais égalée. Tout en restant fidèle à la représentation du sujet, il introduit dans l’œuvre sensualité et puissance par une recherche d’équilibre audacieux entre la masse brute de la matière et l’élan irrésistible de la forme qui semble vouloir s’en échapper, donnant parfois l’impression d’être inachevée.

En s’affranchissant ainsi de la tradition établie, il affirme les droits de l’artiste à considérer son œuvre en fonction de l’objectif artistique qu’il s’est lui-même fixé, alors que pour le public de l’époque, la perfection artistique était liée à une exécution minutieuse et fignolée selon les règles de l’Académie.

Des personnalités marquantes traversent le siècle par la qualité ou l’originalité de leur réalisation : statuaire néoclassique de David d’Angers, gloire oubliée de James Pradier, romantisme de Préault et du sculpteur animalier Barye, réalisme ironique du caricaturiste Daumier et naissance d’un nouveau style, l’éclectisme, qui emprunte au répertoire du passé avec des sculpteurs comme Carrier-Belleuse ou l’orientaliste Cordier, et bien d’autres dont les oeuvres sont à admirer au Musée d’Orsay avec une place spéciale accordée toutefois à Carpeaux, portraitiste officiel de Napoléon III, auquel on doit le groupe « la danse » ornant l’Opéra Garnier dont les nudités hardies et souriantes lui valurent une accusation d’outrage à la pudeur. Quant à Bartholdi, contemporain de Rodin, il restera dans l’histoire par ses allégories monumentales d’esprit républicain. On notera aussi le nombre important d’artistes qui abordèrent la sculpture en complément de la peinture comme Degas ou en son prolongement comme Gauguin, précurseur du symbolisme et du primitivisme. 

La création est profuse, passionnée et variée et dans les Salons, le contact s’établit entre artiste et amateur d’art.

Les multiples commandes publiques et privées sollicitent un grand nombre de sculpteurs pour la réalisation de statues des grands hommes en médaillons, bustes, reliefs ou sculptures monumentales utilisant diverses techniques.

C’est à cette période qu’apparaissent les premiers moulages sur nature et que vont se multiplier les fonderies d’art permettant l’édition de l’œuvre en plusieurs exemplaires que l’on destine aux parcs et jardins, aux édifices publics ou à l’usage des particuliers.

La vogue des petites pièces de bronze et de la statuaire ornant les monuments funéraires privés se développe avec l’ascension d’une bourgeoisie fortunée.

En 1986, l’ouverture du musée d’Orsay et l’exposition la sculpture française au XIXe siècle marquèrent le début d’un profond mouvement de redécouverte de l’art de cette époque, qui fut pour la sculpture d’une importance déterminante.